20 avril 2008

Big Crunch

Akko.

L'un de ces espaces intemporels où l'on a toujours l'impression de se déplacer trop vite. L'accablante sensation de légèreté n'est ici contestée que par le signifié des murs, dont l'ampleur alourdit l'air jusqu'à en faire un obstacle physique. Les odeurs restent la preuve la plus tangible de la présence d'êtres qui n'ont d'éthéré que la perception de l'espace dans lequel ils interagissent - ou existent. La complainte lancinante du muezzin accompagne le marcheur dans son dédale sensoriel. Le témoignage est vain, car en marge de la perception. On perçoit la texture de la pierre sans pour autant y poser la main - miracle nerveux enfanté par l'absence de délimitation du Moi dans un univers régit par les sens, maelstrom imaginaire résultant des interactions entre le perçu, le souvenir, et le suggéré. Chaleur, soif, apaisement, frottement musical du vent contre la poussière des murs. Etrangement, c'est dans ces ruelles étroites, écrasé par la chaleur et l'immobilité apparente que l'errant s'ouvre à l'infinité de l'espace dans lequel il évolue - le véhicule cesse d'être une délimitation pour n'être plus que le récepteur unique du témoignage vibrant de ce qui est. Etant part du Tout, et en étant le centre, le Grand Calculateur, responsable de cet état probabiliste, n'est plus qu'un organe saturé par un concept auquel il se raccroche pour ne pas basculer: omniscience.

11 avril 2008

Cas d'école

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par notre correspondant à Haifa, Moshe Matisyahu.
 
    Le drame de notre société, orpheline de références et de vision à long terme, est celui d'une organisation efficace - ou en tout cas façonnée par l'efficacité au sens darwinien - mais dont on a oublié le comment et le pourquoi. Cette "structure",  qui n'a que pour ascendance le matériel génétique, de vieux livres poussiéreux et la mémoire interprétée, et pour descendance des litres de foutre dont la finalité doit être remise en question, se réinvente aujourd'hui par le biais de l'Image, l'Image qui rapproche et qui explique le monde, et qui écrase l'individu de la responsabilité d'un monde qu'il ne connaitra jamais.
 
    Afin d'illustrer notre propos, prenons une image quelconque, dont regorge l'Internet. Le jeu de l'interprétation est ici indispensable, mais de prétendre avoir creusé suffisament que pour en percevoir la signification - héritière d'un évènement et d'une première lecture - qui pourrait s'en vanter?  
 
    En vérité, je vous le dis: photoshop est la seule arme utilisable d'une Humanité aux abois dans sa lutte contre la représentation.
 
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