30 septembre 2006
Dorment les bienheureux
Seul. Il ne reste plus une lopette pour pousser plus avant notre exploration éthylique. Le monde semble se résumer à une séparation manichéenne entre les normaux et les dormeurs, entre moi et les autres tapettes affalées dans des ersatz de lits. Qu'à cela ne tienne - un capitaine digne de ce nom n'abandonne pas de si tôt son fougeux destroyer. Laissez-moi donc vous croniquer le désagrément dont je fus - pas plus tard qu'il y a 10 bières - témoin (car, selon certains, témoigner lorsqu'on est témoin est un acte civique - non, un devoir. Alors voilà. Je témoigne, influencable que je suis. Persuadé, comme tant d'autres avant moi, que la tirade porte plus loin que le clavier.
Nous assistämes donc à un barbecue. Des gens, des saucisses et des bières. Grandes fête. Apologie de la convivialité convenue. Fête. Saucisses. Bières. Fraternité, solidarité, graisse. Dieu, merci. Pour peu je me ferais rebaptiser, tiens. Mais je digresse, là n'était point mon objectif premier. Cela dit en passant, je n'ai pas d'objectif premier. Baste, concentration et précision. Là sont nos maîtres mots. Adonc, le barbecue. Marriant arrivée tardive et confrontation idéologique, je me retrouvais donc entouré de 14 maris flanqués, de leurs 14 femmes et de leur 52 raisons de vivre. Non, je fus réducteur. En matière d'épanouissement, cette joyeuse bande pouvait, outre les mignons gambadeurs, s'appuyer sur un ensembles conséquent - mais raisonnable - de maisons à retaper. Joie! Nous avons donc, d'un coté, une cohorte fatiguée de porteuses avachies, et de l'autre, un amas informe d'amuseurs architectes. En gros, d'un côté les femelles qui content à qui veut l'entendre ou pas leur premier accouchement, et de l'autre, une cohorte alcolisée de maneuvres bénévoles, encensant la gloire du crédit banquaire et des meubles Ikea. J'ai tenu 2 heures, ce qui n'est pas médiocre, compte tenu du temps nécessaire à l'ingurgitement d'un pain saucisse.
Et puis merde. Je renie vos couples et vos avenirs tracés, vos gosses et vos espoirs délégués.
05:05 Publié dans Défoncé, mais inspiré | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : société, maison, gosses, saucisses
