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21 octobre 2006

Instantané

Elle persiste, cette impression. Elle m'étouffe, m'aveugle. Elle se fait pressante, oppresse, dirige et dicte. Trop tard. Trop tard. L'instant est décédé. Commence son règne. Elle légifère et impose ses conditions. Je suis vaincu. L'effort et la lutte sont admirables, mais personne n'est dupe: l'instant est mort, dépassé, démodé. Et je n'ai pu le saisir. Je n'ai pu ni appréhender, ni immortaliser l'évènement qui, sous mes yeux hagards, naissait, découvrait et, dans une admirable agonie, passait la main. Il m'aurait suffit d'une feuille, d'un crayon, et j'aurais pu, peut-être,le raconter, le transcender, le chanter, l'encenser, le bénir, le mettre en doute,le rejeter, le haïr, le honnir, et enfin le renier. Je lui aurais donné un corps, une âme. Je l'aurais saisi. J'aurais fait de lui mon frère, homme parmi les hommes, conquérant, lâche et noble, frêle et éternel, détestable et souhaité, tant de fois décrié, si souvent mendié. Je lui aurais prêté bras, oeil et plume. Mes fautes eurent été siennes, mes doutes, ses principes, mes désirs, ses peurs. Il m'aurait justifié, affirmé auprès des miens, sans pour autant me réconcilier avec ses ancêtres. Mais qu'importe. L'instant est mort, vive l'instant.

Commentaires

Tant d'espoir en un instant, pfffuuuuit !

Ecrit par : p. | 23 octobre 2006

C'est l'alcool. Ca dilate.

Ecrit par : fred_ | 23 octobre 2006

Salut Fred. J'aime beaucoup et je vis ça souvent. Encore cet après-midi... mais pas de feuilles pour écrire. Quand je peux, vite vite, j'achête n'importe quel cahier qui passe (si bien que j'en ai plein à la maison). Ou bien, je fouille au fond de mon sac : un livre et j'écris l'instant, l'idée, le cri sur les quelques pages blanches qu'il contient; un paquet de bonbons et je le déchire pour faire sortir les esapces blancs qu'il cache. Et j'écris. Mais pas assez de places... arf.

Et quand je ne peux pas, parce que je suis tête en l'air et n'aie plus de cahier, quand je n'ai vraiment aucun support... alors... je ne me sens pas très bien... je peste, je tente de garder cet instant, ces pensées pour plus tard... mais non... je les perds... Pas grave... elles reviendront peut-être... une autre fois.

Je t'embrasse,
Loula.

Ecrit par : Loula | 01 novembre 2006

salut fred

comment je me retrouve a te lire? et bien merci loula,et bravo a toi,merci a vous de mettre des mots sur ces instants incesissables .....du concret sur de l'abstrait ,
vive toi oui !!!!

bises anna

Ecrit par : anna | 02 novembre 2006

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