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30 août 2006

Constat

De la solitude il ne naîtra rien. Pas plus que de l'espoir désinvolte ou de l'absentéisme alcoolisé. De nos racines nous provient l'insoutenable vérité. Nous, animaux prétentieux, n'avons comme os à ronger que l'instinct que l'on feint d'avoir dompté. Survivre, et se reproduire. Manger, se battre, et baiser.

23 août 2006

La philosophie, ça pue du cul

Mais si, ne prenez pas cet air offensé. Tenez: si l'on considère que le but de la philosophie est le bonheur de l'homme, et que le Bonheur est, comme tout le monde le sais, le résultat d'une recherche, d'une découverte de soi par définition personnelle, il est donc inutile de farfouiller dans les idées des autres pour tenter d'expliquer son moi profond. Ainsi, plutôt que de tenter dissimuler son manque de créativité spirituelle par un apprentissage appronfondi des pensées d'autrui, ce qui, s'il ne s'agit d'un intérêt pour la forme, ne peut conduire qu'à un échec retentissant, ne voudrait-il pas mieux se vautrer dans un coït sans fond?

12 août 2006

Life is just about vegetable entertainment

Incoming. Just way too high right now.

Note: suite à un taux d'alcool dans le sang trop élevé, le texte original n'a jamais pu être écrit. L'auteur s'en excuse, mais fidèle à sa volonté de ne rien écrire dans cette catégorie qui puisse être sujet à une quelconque auto-censure, il préfère s'abstenir plutôt que de  rassembler ici les rares et imprécis souvenirs qui subsistent de l'idée qui lui inspira ce titre, moi foi fort beau, et qui de lui même se suffit.

09 août 2006

Tentative d'approche déstabilisatrice

J'inaugure ici ma dernière catégorie, saugrenue et stérile comme elles se doivent toutes de l'être.

Adoncque, hier, je me promenais dans un verdoyant parc, empli d'oiseaux et de bancs vétustes, d'une démarche chaloupante caractérisant l'homme qui a abusé de Cara Pils.

Je m'accordai là un moment de repos, suggérant l'inévitable réflexion profonde sur le coût exhorbitant de la vie et la baisse de fréquentation de nos belles églises.

Une jeune fille, la vingtaine, ressemblant, comme vous et moi d'ailleurs, à un agrégat de modes et d'idéologies successives et inesthétiques, passa, me tirant de ma torpeur moulesque.

moulesque: adj. et subs. : qui partage avec la moule des caractéstiques de passivité et d'inactivité cérébrale et physique telles qu'elles préviennent toute activité visant une quelconque participation à la vie en société.

La jeune enfant pourrait être sommairement caractérisée par la description de sa coiffure, par exemple: il s'agissait d'une coupe rasée, avec une mèche blonde devant et une mèche bleue à l'arrière.

"Ho", me dis-je.

"Celle-là, je me la fait".

Et hop, Du coup, je l'aborde, de la manière la plus incongrue à laquelle j'ai pu penser sur le moment. Je ne peux résister à l'envie de vous rapporter ici notre succulente conversation, avec les approximations inhérentes à la reproduction différée:

- Excusez-moi, mademoiselle. Votre coiffure est-elle la représentation symbolique d'une idéologie constataire, ou s'agit-il d'un juste d'un choix purement esthétique?

- Pardon?

- Je suis journaliste, et travaille en ce moment sur un article destiné à nos plus jeunes lecteurs: il s'agit de répertorier et de classer les meilleures techniques de drague, pour leur permettre d'aborder cette étape indispensable de façon plus relax. Votre avis sur la précédente technique nous intéresse fortement.

- Ben alors, ça. J'ai même pas compris la question. Tu te fous de moi?

- Seriez-vous intéressée par un truc à 3?

- Bon, ça suffit.

Voilà, ça s'arrête là. Je ne vais pas tenter de le cacher: je suis rentré bredouille, mais fier de moi.

07 août 2006

Mon week-end à la campagne

Vendredi, fin de semaine.

Empli d'une profonde lassitude, en proie à un sentiment d'oppression typiquement citadin, je décidai d'aller passer un week-end à la campagne, un moment de ressourcement fait de plaisirs simples, entiers. Des vaches, des bières, et des oiseaux gazouillant sous des arbres transpirant de bonheur chlorophyllien.

Nous partîmes donc, avec un couple d'amis, dans l'arrière-pays, apprécier pour le temps d'un week-end le charme rustre de nos campagnes et la joie vivre de nos amis ruraux. Baignant dans un optimisme lyrique, avec les vitres abaissées et les bermudas de circonstance, nous arrivâmes, déjà recquinqués de dépaysement floral, dans la célèbre entité de Torgny, réputée pour son micro-climat exceptionnellement chaud et sec (dixit Wikipédia).

Réconfortés par tant de beauté, nous mîmes à arpenter, respectueusement, les ruelles qui composent le merveilleux village, ne comprenant décidémment pas pourquoi l'on peut se battre pour un bout de terrain dans une région désertique alors que le Créateur nous a gratifié de tels édens.

Afin de mettre à bas les dernières barrières s'élevant entre moi et la Mère Nourricière, je décidai de me rouler une clope. Je cherchai donc un endroit sympathique ou poser mon céans, pour profiter pleinement de l'action tant attendue de la dopamine fraîchement produite.

Las! Un fâcheux, fort désobligeamment par ailleurs, vint troubler la quiétude de l'ordre établi (le mien), et me demanda ce que je faisais là. Tout d'abord troublé par cette incursion dans mon moi refoulé, je tentai de lui expliquer qu'il ne m'avait pas encore été donné de connaître la signification profonde de mon existence, mais que je n'hésiterai pas à l'en faire profiter une fois l'illumination consummée. Cette puérile tentative d'humour assez rapidement avortée, le brave homme me prestai donc de reprendre assez rapidement ma route, sans quoi il devrait en arriver à appeler la police. J'étais, voyez-vous, dans son jardin. Ou plutôt, dans sa prairie. Ma foi en l'homme légèrement ébranlée par l'expérience, je me remis en route pour rejoindre mes amis, l'après-midi étant déjà bien entamée, elle aussi.

Ceux-ci m'attendaient près de la voiture. Je pus voir de loin qu'ils étaient en grande conversation avec un autre de ces ô combien sympathiques autochtones. A mon arrivée, le bougre se fit fort de me faire un résumé succinct de la situation. Je vous rapporte ici ses mots, nécessaires à la compréhension de mes sentiments à son égards: "C'est toi le connard qui fait des trous dans ma pelouse?"

Incompréhension. Stupeur.

Soudain, je réalisai toute l'étendue de la catastrophe: j'avais les 2 roues arrières de ma voiture dans la pelouse du monsieur, qu'il venait de refaire complètement à grands coups de crédits, avantageux certes, mais tout de même.

Ce brave homme guettait là notre arrivée depuis plus de 2 heures, afin de pouvoir nous faire comprendre son désappointement et sa volonté de parvenir à règler pacifiquement un problème aussi crucial. Nous nous attelâmes donc à ramener un peu de terre de manière à combler à la fois le renfoncement causé par le progrés que représente la voiture, et le vide laissé dans l'amour-propre de ce quidam par la perte d'un être aussi cher, son beau jardin.

Nous en restâmes là, et décidâmes de nous regrouper au plus vite dans le débit de boisson le plus proche, afin de combattre tous ensembles le grand désarroi qui se fut emparé de nous.

Voilà. Et d'en voir certains ébahis, scandalisés par le comportement des 3 jeunes flamands qui se sont fait justice et qui ont apparement causé la mort du pauvre type qui les cambriolait, et ben ça me débecte moi. Ca me dégoûte rien que de penser qu'il m'arrive forcément d'avoir parfois un comportement qui peut provoquer chez autrui la même sensation de dégoût fataliste que ces 2 types ont réveillé en moi ce week-end. Pouarf.

03 août 2006

This guy just knows

I had nothing to offer anybody but my own confusion.

J. Kerouac, "On the road".

01 août 2006

Bordel.

Cher Journal,

Je n'en peux plus. Je suis entouré par une masse de types qui se sentent dans l'obligation de se convaincre l'un l'autre qu'ils ont tous raison. C'est imbuvable. Inutile. Prétentieux. Imbécile. Prout.

 

Parlons d'actualité par exemple. Tapotons gaiement, sous google, "forum + Israel + Liban", et allons joyeusement voir quels sont les derniers soubresauts intellectuels des férus d'actualité sanguinolante. Et là, paf. On rit, grassement. Car pleurer, c'est pas très viril.

 

Je suis un égoïste, mais à la différence de la plupart de mes concitoyens, je le revendique. Je garde tout pour moi, même mes opinions. J'entends déjà le neuneu de service venir me polluer les tympans avec des raisonnements de type: "Oui, mais, l'échange d'opinions permet de s'enrichir mutuellement!", tout en me balançant un regard de compréhension profonde et en penchant la tête sur le côté.

 

ô rage!

ô désespoir!

ô coup de boule libérateur!

 

L'auteur, conscient qu'il exprime là une opinion, revendique le côté ridicule de la chose et compte bien l'exploiter pour démontrer par l'absurde le caractère véridique de ses affirmations.

Car soyons sérieux: s'il est générallement perçu comme facile ou lâche d'employer le cynisme et la dérision en réponse à toute confrontation entre mon moi profond et le vous lointain, il est également pitoyable de prétendre détenir une vérité digne à ce point d'intérêt qu'il semble primordial de l'imposer à ses concitoyens (les gens). Il n'y pas à dire: en matière de démonstration flagrante d'imbécilité, il n'existe rien de mieux que prétendre avoir raison.

 

A ce stade du raisonnement, il apparait clairement que l'auteur semble prétendre avoir raison. N'en soyez pas perturbés: il s'adresse à son journal et ne tente donc de convaincre qui que ce soit.

 

Pour couper l'herbe sous le pied des contestataires potentiels, je proposerais ici une solution au problème soulevé: à chaque fois que vous, cher lecteurs, voudrez exprimer une opinion, inscrivez-là sur une affiche que vous irez placarder devant chez vous. Ainsi, tout quidam souhaitant confronter ses opinions aux vôtres pourra venir prendre un pot chez vous et vous pourrez ainsi vous enrichir mutuellement sans taper sur le système des autres gens, qui, comme moi, ont malheureusement reçu une éducation qui ne leur permet pas de tourner les talons ou de mettre un coup de boule dès qu'ils sont un peu irrités.

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